THÉÂTRE

Durée : 1h45

« Les Fourberies de Scapin » est une comédie de Molière en trois actes fortement empreinte de comédie italienne, créée au Théâtre du Palais-Royal le 24 mai 1671. Le spectacle n’obtient alors pas un grand succès public. Il est alors reproché à Molière la grossièreté de ses procédés comiques et l’immoralité du sujet. Boileau critique son côté populaire et Fénelon, l’exagération des caractères.

L’histoire : En l’absence de leurs parents respectifs, Octave s’est marié en secret avec Hyacinte, jeune fille pauvre au passé mystérieux, et Léandre est tombé amoureux d’une Egyptienne, Zerbinette. Mais voici que les pères, Argante et Géronte, rentrent de voyage avec des projets de mariage pour leurs enfants. Les fils ne savent plus à qui se confier pour résoudre leurs problèmes. Scapin, le valet de Léandre, s’engage à tout arranger.

Un des paris lorsque l’on s’attaque aux « Fourberies de Scapin » est de redécouvrir toute la modernité du texte de Molière. Le parti-pris de Guy Simon est de retrouver la dimension ubuesque, corrosive du personnage de Scapin, de lui redonner son caractère jubilatoire.

Sur scène, une tornade délirante où comédiens et acrobates se croisent, s’entrecroisent, tricotent et tissent l’espace au gré d’un Scapin qui se dédouble. Scapin tient la pièce. Ses mots et son corps en sont l’architecture. Il a donc été choisi l’ossature double d’un Scapin acrobate, clown superbe et grotesque, à la fois loufoque et insaisissable pour irradier et innerver la pièce de sa présence virevoltante et de ses répliques acerbes. Ici et l’instant d’après là-bas, il est avant tout aussi le témoin impitoyable des soubresauts amoureux des enfants, de leur déchéance et des travers d’une société engluée dans la langue de bois, les mensonges et les conflits d’intérêts. Quoi de plus moderne ! L’ironie mordante et la verdeur du langage de Molière permettent de privilégier la dynamique des corps sur scène, de faire danser les mots tout en décortiquant l’âme humaine.