« Réunissant musique, texte et pantomime, L’Histoire du Soldat est une oeuvre particulière. Une oeuvre qui peut paraître « désuète » au premier abord, de par son vieux français et ses mots scandés au rythme de la musique. En m’immergeant au coeur de l’histoire de ce jeune homme, éternel insatisfait, j’ai réalisé que la forme était peut-être passée de mode, mais le fond, lui, restait intemporel. Je me suis alors posée la question de la façon dont je pouvais actualiser l’histoire du soldat qui vend son violon (représentant son âme) au Diable, pour avoir plus de richesse en échange. Il faut en effet se replonger dans le contexte de l’époque : Stravinsky a composé l’oeuvre en 1917, alors que la première guerre mondiale battait son plein. Le monde militaire autrefois si présent, paraît aujourd’hui bien éloigné de notre société actuelle. J’ai donc pris le parti de faire jouer l’intrigue dans une chambre d’enfant.
 
L’histoire se déroule dans les années 1950. Le réveil sonne, un jeune garçon se lève de son lit et va jouer avec ses petits soldats, si bien qu’on est plongé dans son imaginaire d’enfant. Le Diable est un clown-peluche qui s’anime, sa fiancée, une poupée de porcelaine et la princesse, Marilyn Monroe, l’actrice dont il est secrètement amoureux, tout droit sortie d’une affiche placardée dans sa chambre. Cependant, la scène se répète. Le réveil sonne à nouveau, puis encore et encore… Les jouets animés deviennent inquiétants. Sommes-nous dans son univers ludique ou est-ce un cauchemar ? Et l’histoire de ce jeune homme qui se perd car il ne se satisfait de rien, devient à nouveau très actuelle ». Eugénie Andrin
 
Nouvelle production de l’Opéra Grand Avignon