Souvent, la danse de Jean-Claude Gallotta, afin de souscrire à l’ici et maintenant que le corps des interprètes lui impose, s’est cherchée des thèmes qui la protègent du présent : les mythologies, le répertoire, les hommages. Plus récemment, avec le triptyque rock (My Rock, My Ladies Rock, L’Homme à tête de chou), le diptyque danse-littérature (L’Étranger, Bonjour Tristesse), Jean-Claude Gallotta a fait dialoguer sa danse avec de grandes figures du siècle. Aujourd’hui, il renoue avec la forme chorégraphique de ses débuts, une danse sans livret, sans « propos », sans habillages narratifs, sans références thématiques. Avec le Jour se rêve, Jean-Claude Gallotta revient rôder du côté de Bethune Street, à Manhattan, où, dans les baies vitrées du studio de Merce Cunningham se reflétaient au début des années 80 ses espérances d’apprenti chorégraphe. Le voilà qui vient réinterroger ses sources, sa source : l’abstraction. Mais une abstraction qui ne rejette pas la chair de la danse. « Deux épaules ou deux cuisses, ça se prend, ça se mord », disait Béjart. Il y a, il y aura toujours chez Jean-Claude Gallotta, un peu de sens, un rien de narration, un soupçon de figuration, une touche de jeu ou d’ironie pour venir troubler l’ordonnance rythmique de la scène. Ces échappées - qu’il laisse advenir, ou qu’il ne retient pas, ou qu’il provoque - traverseront le Jour se rêve. C’est là que se niche une des singularités du travail de Jean-Claude Gallotta, à l’origine d’un mouvement dont il est sans doute le seul représentant : l’« abstraction ludique ». Pour le Jour se rêve, fidèle à la pratique du « carrefour d’échanges » de Cunningham, Cage et Rauschenberg, Jean-Claude Gallotta a donné rendez-vous à un musicien, Rodolphe Burger, l’explorateur de nouveaux espaces sonores, qui mêle le rock à la philosophie, qui « fréquente » Beckett et Johnny Cash, Büchner et Lou Reed, qui réussit la belle alchimie de l’élitaire et du populaire. Il a également donné rendez-vous à Dominique Gonzalez- Foerster, plasticienne aux personnalités multiples, exploratrice des liens entre les arts, brouilleuse de pistes, qui viendra mettre les danseurs en costumes et en lumières pour les aider « à rendre claire la conscience du moment présent ». Claude-Henri Buffard
 
Création - Production Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta
Coproduction Le Théâtre du Rond-Point, Scènes Vosges, Le Manège - Scène nationale de Maubeuge, Le Grand R – Scène nationale Orléans, Malraux - Scène nationale Chambéry Savoie.
Avec le soutien de La MC2 : Grenoble
 
MASTER-CLASSES
 
Dimanche 24 Janvier de 10h à 13h
avec Thierry Verger, danseur de la compagnie Jean-Claude Gallotta
Studio Jean Vilar – Opéra Grand Avignon
Profil : Niveau avancé.
Tarifs et infos : 04 90 14 16 42
emmanuelle.thalmann@grandavignon.fr
 
RENCONTRE
À l’issue de la représentation, bord plateau avec le chorégraphe Jean-Claude Gallota
 
BAL DÉMASQUÉ
Dimanche 23 Mai de 16h à 17h
Sur des rythmes de rock, chacun sera invité à apprendre des gestes et de courts extraits de chorégraphies transmis par les danseurs de la compagnie.
Parvis de l’Opéra Grand Avignon